Côte d’Ivoire : écrire en ligne, une activité à risque

Procès en diffamation, perte de crédibilité ou encore désabonnement des souscripteurs, les médias en ligne ivoiriens courent des risques parfois insoupçonnés. Pour s’en prémunir une trentaine d’entre eux ont été formés à la déontologie journalistique du 26 au 29 juillet à Dabou.

Une réputation fragile

lessentiel_david_youant_Côte d'Ivoire_ecrire_en_ligne_une_activite_a_risque« Les médias en ligne sont, comme toutes les autres formes de médias, sujets à manipulation ». Pour expliquer cette maxime, David Youant, Journaliste et président du Réseaux des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (REPPRELCI), rappelle un faux-pas de publication commis par un célèbre média international.

En février 2015, par une brève puis une dépêche quelques minutes plus tard, l’Agence France Presse (AFP) annonce la mort de Martin Bouygues, un important homme d’affaire français. L’erreur ? Un recoupement insuffisant de la part du journaliste annonce le décès d’un individu célèbre tandis que ce dernier est bel et bien en vie.

Les répercussions sont amères. Le média français publie un démenti sur son site, invite ses clients à « ne pas tenir compte de toute la série de dépêches (…) concernant l’annonce par erreur du décès de Martin Bouygues », et se confond en excuses via son compte Twitter pour cette erreur « inacceptable ».

Des sanctions pénales en jeux

Si la « réputation sur internet est essentielle mais aisément volatile » selon Israël Yoroba, consultant Social media et conférencier, les incidences d’une bavure de publication peuvent être lourdes. Elles ne se limitent pas uniquement à l’impopularité auprès des internautes mais ouvrent la voie également à des sanctions légales. En effet, Samba Koné, journaliste et conférencier principal met en garde les éditeurs.

« Le journaliste ne peut pas écrire une information qu’il est dans l’incapacité de prouver. Il doit s’imposer une intégrité professionnelle sans faille ».

Par ailleurs, comme le souligne l’article 17 du Code de Déontologie du Journaliste en Côte d’Ivoire, le média en ligne doit « s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondement». A cet effet, le lien entre diffamation et sanctions pénales est direct. Le code pénal ivoirien en son article 200-1 (LOI N° 2008-222 DU 4/8/2008) sanctionne la diffamation « d’un emprisonnement de cinq à 10 ans et d’une amende de 500.0000 à 5.000.000 de francs CFA ».

Assainir le milieu de la presse numérique 

Cet atelier dédié aux éditeurs de contenu en ligne est le troisième du genre depuis l’année le début de l’année 2016. Initiés par le REPPRELCI, l’UNESCO et Peacebuilding, ces ateliers forment les journalistes et bloggeurs au traitement judicieux et véridique de l’information. Le but étant, pour son président David Youant, d’ « assainir le milieu de la presse numérique ivoirienne ».Fondée en 2006, le REPPRELCI rassemblent les acteurs ivoiriens de l’information en ligne.

Publié chez L’Essentiel.Ci